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Divorce prononcé à l'étranger : le faire reconnaître en France et les documents à traduire
Un divorce obtenu hors de France ne s'inscrit pas tout seul sur l'état civil français. Divorce européen ou non, vérification d'opposabilité, exequatur : la marche à suivre et les pièces à faire traduire.
Un divorce prononcé au Maroc, aux États-Unis ou en Espagne met fin au mariage dans le pays où il a été rendu. En France, il n'est pas pour autant inscrit sur l'état civil. Tant que la mention n'est pas portée en marge de l'acte de mariage ou de naissance français, l'administration vous considère toujours comme marié : impossible de vous remarier, de conclure un PACS ou de régler une succession sereinement.
Quand cette démarche vous concerne
Elle est nécessaire dès qu'un acte d'état civil français existe pour le mariage ou pour l'un des époux :
- le mariage a été célébré en France ;
- le mariage a été célébré à l'étranger puis transcrit par le consulat ou le Service central d'état civil, parce que l'un des époux est français ;
- l'un des ex-époux est devenu français depuis, et son acte de naissance est tenu à Nantes.
Si aucun des deux n'est français et que le mariage n'a jamais été enregistré en France, il n'y a rien à mettre à jour : le jugement et sa traduction suffiront à prouver votre situation lors d'une démarche future.
Divorce prononcé dans l'Union européenne
Une décision de divorce rendue dans un autre État membre — Danemark excepté — est reconnue de plein droit en France, sans procédure judiciaire. Pour la faire mentionner, adressez à l'officier de l'état civil qui détient l'acte (la mairie du mariage, ou le Service central d'état civil pour un acte transcrit) :
- une copie de la décision ;
- le certificat délivré par la juridiction d'origine en application du règlement européen, qui atteste notamment que la décision n'est plus susceptible de recours.
Le certificat est un formulaire standard, souvent déjà rempli dans une langue compréhensible. L'officier de l'état civil peut néanmoins demander une traduction de la décision elle-même.
Divorce prononcé hors Union européenne
Pour une décision rendue ailleurs, la mise à jour passe en principe par une vérification d'opposabilité, confiée au procureur de la République de Nantes (service civil du parquet). Il contrôle que la décision a été rendue par un juge compétent, qu'elle respecte l'ordre public français — les droits de la défense, en particulier — et qu'elle n'a pas été obtenue pour contourner la loi française.
Le dossier comprend généralement :
- la copie intégrale de la décision de divorce ;
- la preuve de son caractère définitif — certificat de non-recours, certificat de non-appel ou équivalent local ;
- la copie intégrale de l'acte de mariage ;
- une pièce d'identité du demandeur ;
- la traduction en français de chaque document rédigé dans une autre langue, par un traducteur assermenté.
Les répudiations unilatérales, où l'un des époux n'a pas pu faire valoir ses droits, sont le cas typique de refus.
Et l'exequatur ?
L'exequatur est une autre procédure, devant le tribunal judiciaire, avec un avocat. Elle donne force exécutoire en France à la décision étrangère. Elle n'est utile que si vous devez faire exécuter quelque chose — recouvrer une pension alimentaire, faire appliquer un partage de biens situés en France. Pour la seule mise à jour de l'état civil, elle n'est pas nécessaire.
Les traductions : ce qui fait échouer un dossier
- Traduire toute la décision, y compris les motifs et les mentions du greffe. Un extrait limité au dispositif est souvent refusé.
- Apostiller ou légaliser avant de traduire, quand le pays l'exige : le traducteur traduit alors aussi l'apostille. Voir apostille, légalisation, traduction assermentée.
- Harmoniser les noms avec ceux de l'acte de mariage : une graphie différente d'un document à l'autre suffit à une demande de précisions.
Les jugements se commandent sur la page traduction de jugement, les actes de mariage sur traduction d'acte de mariage. Une fois le divorce mentionné, demandez une nouvelle copie de votre acte : c'est elle que vous présenterez pour un remariage, détaillé dans se marier en France avec un étranger.
Questions fréquentes
- Mon divorce prononcé à l'étranger est-il valable en France ?
- Il produit en principe ses effets en France s'il est régulier, mais il n'est pas mentionné d'office sur l'état civil français. Tant que la mention n'est pas portée, les actes français vous présentent comme marié, ce qui bloque par exemple un remariage ou un PACS.
- Faut-il un exequatur pour faire reconnaître un divorce étranger ?
- Pas pour la simple mise à jour de l'état civil : la vérification d'opposabilité par le procureur suffit le plus souvent. L'exequatur, prononcé par le tribunal judiciaire, n'est nécessaire que pour faire exécuter de force une partie de la décision en France, comme une pension alimentaire ou un partage de biens.
- Quels documents faut-il faire traduire ?
- La décision de divorce en copie intégrale, le document qui prouve qu'elle est définitive (certificat de non-recours ou équivalent) et, si le mariage a été célébré à l'étranger, l'acte de mariage. La traduction doit être faite par un traducteur assermenté, sur un document apostillé ou légalisé quand le pays d'origine l'exige.
- Combien de temps prend la procédure ?
- Elle dépend de la charge du parquet et de la complétude du dossier : comptez plusieurs mois. Un dossier incomplet ou une traduction partielle est la cause la plus fréquente de demande de pièces complémentaires, qui relance le délai.
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